Eperonnier de Germain

Éperonnier de Germain, Polyplectron germaini – Germain’s  Peacock Pheasant

Eperonnier de Germain 1

 

L’occasion m’a été donnée de modifier le précédent article au sujet de l’ Éperonnier de Germain, j’en profite donc pour améliorer la description de ce faisan avec l’aide du célèbre livre de Jean Delacour, qui s’est lui-même inspiré des informations citées par Daniel Giraud Elliot ornithologue américain et naturaliste du XIXe siècle et de William. Beebe, Monograph of the Pheasants, IV, en 1922 p. 74

Eperonnier Germain-photo Hubert Jütten

Description 

Le mâle ne possède pas de huppe, ni de crinière, au niveau de la tête le  bas de la gorge et cou sont noirs, finement tachetés de blanc grisâtre. Le haut de la gorge est blanc, parties supérieures brun foncé pointillé de fauve, les plumes du manteau et des ailes avec un gros ocelle terminal arrondi d’un bleu violet à reflets verts, entouré d’un cercle noir et d’une bordure brun pâle doré (voir définition), pas d’ocelles sur le dos ni le croupion ; primaire noir terne uniforme ; paires centrales de sus-caudales sans ocelles, les latérales avec un sur chaque barbe ; queue étagée et aplatie de 20 rectrices , larges et arrondies au bout, avec un grand ocelle subterminal sur les deux barbes, vert métallique avec des bordures noires et gris pâle (voir définition), parties inférieures noires, irrégulièrement barrées de fauve , abdomen noir. Iris brun , peau de la face rouge , bec et pattes brun noirâtres.photo Hubert Jütten

Sa taille

Le mâle: Longueur : 550 mm ; aile : 180 – 220 mm ; queue : 250 – 320 mm ; culmen : 20 mm ; tarse 65 mm.
Mâle, première année. Comme l’adulte, mais les ocelles sont noirâtres et les éperons seulement indiqués ; la  queue est plus courte.

La femelle est légèrement plus petite et plus terne que le mâle, tête et cou semblables, mais le reste du plumage est brun foncé strié et pointillé de gris brunâtre pâle, non pas tacheté ; ocelles du manteau et des ailes triangulaires, bleu métallique avec la base noire et une bordure supérieure fauve ; rectrices noirâtres, irrégulièrement et finement barrées de fauve pâle, les ocelles verts, grands, mais mal définis et sans bordure pâle, ceux des autres plumes se fondant en une large tache comme chez inopinatum. Parties nues, comme celles du mâle.
Longueur : 480 mm ; aile : 160 – 185 mm ; queue : 220 – 250 mm ; culmen : 16 mm ; tarse : 55 mm.

Les jeunes ressemblent à la femelle, mais les ocelles sont d’un noir terne.Friedrich Esser .jpg

Les œufs  sont de couleur blanc crème ; 45 X 35 mm et l’ incubation dure 22 jours.
Où trouver l’Eperonnier de Germain? Est de l’ex  Cochinchine et sud de l’Annam, des provinces de Bienhoa – Bien Hoa, Province (Vietnam)

et de Honquan jusqu’à Quinhon au nord .Il n’habite pas l’ouest de la Cochinchine, le Cambodge ni le Siam, comme on l’a rapporté.

Habitudes générales et Captivité 

Les Eperonniers de Germain se trouvent dans la forêt, habituellement près des endroits humides, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1.200 mètres d’altitude. Ils ne sont pas très farouches, cependant, ils vivent cachés, et dont continuellement entendre leur appel lorsqu’ils ont dérangés ; ils s’envolent rarement, préférant courir avec les ailes ouvertes. Ils paraissent nicher presque toute l’année, la femelle pondant de nouveau quand les jeunes deviennent indépendants. On les piège aisément, et ils sont communs dans les endroits favorables. La parade du mâle consiste en une roue frontale complète. Son chant est une note élevée “hao-havit” rapidement répétée de quatre à six fois, et son cri d’alarme un caquetage rapide et bruyant.
Bien que très apparenté à bicalcaratum, germaini ressemble aussi à inopinatum par la couleur de la tête et du cou, l’absence de huppe et le ton général brun riche du plumage.
La faible différence de taille entre les deux sexes et le manque de huppe et de crinière sont des caractères primitifs.

Des Eperonniers de Germain furent envoyés vivant à Paris en 1875. Ils s’adaptèrent aussitôt à la vie captive, encore plus facilement que les Chinquis, et ils commencèrent à se reproduire cette même année. Ils sont aussi prolifiques et presque aussi rustiques, bien qu’il soit prudent de leur donner un abri clos par temps très froid. Depuis cette première importation, quelques exemplaires sont arrivés de temps à autre en Europe, puis en Amérique, où, aujourd’hui, l’espèce est bien établie, alors qu’elle demeure assez rare en Europe. C’est un Faisan qui donne satisfaction, et même si son aspect n’est pas aussi attirant que celui du Chinquis, il représente néanmoins un très bel ornement pour les volières. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de deux ans, la poule ne pond que deux œufs.


Eperonnier de Germain 2
Daniel Giraud Elliot  né le 7 mars 1835 à New York et mort le 22 décembre 1915 Daniel Giraud Elliot était un ornithologue américain et naturaliste du XIXe siècle. A partir de ses  voyages, il a publié des centaines d’articles, y compris de  multiples monographies sur les groupes de mammifères et d’oiseaux.

 

 

 

 

William Beebe.jpg

En 1918, William Beebe reçut la deuxième médaille Elliot de l’Académie nationale des sciences pour son œuvre monumentale en quatre volumes, “Une monographie des faisans”.

William Beebe a publié 24 livres et 825 articles, revues et rapports dont 5 articles de fond dans “The National Geographic Magazine”. Il a dirigé plus de 50 expéditions scientifiques, décrit 87 nouvelles espèces de poissons et une nouvelle espèce d’oiseau. Au moins 64 animaux portent son nom.


Participation photographique:  Friedrich Esser ainsi que Hubert Jütten, je les en remercie.

Bibliographie: Tous les faisans du Monde de Jean DELACOUR, p.334 – 1983

Polyplectron germaini – Germain’s Peacock Pheasant

D.ELLIOT, Ibis, 1866, p.56 ; Cochinchine
Polyplectron bicalcaratum germaini, W. BEEBE, Monogr.of the Pheasants, IV, 1922 p. 74


Définitions:

Ocelle: Tache colorée, de forme arrondie, qui se détache sur un fond d’une autre couleur.
Rectrices:
Grandes plumes rigides de la queue des oiseaux