La Tournaisis

 

Aucun doute là-dessus, cette jolie poulette est bien d’origine Belge

 

En prélude;  je tenais a remercier mon ami Richard Deravet qui a largement contribué à la rédaction de cet article.

La Tournaisis, son origine:

Vers la fin du 19ème siècle, à la frontière franco-belge, les péniches descendant l’Escaut, s’arrêtaient pour se prêter aux visites des préposés en douane. Aussitôt, les marinières libéraient de jolies poules naines qui prenaient leur envol vers la terre ferme, et quand le batelier levait l’ancre, l’appel de la maîtresse suffisait à les ramener au logis. Les riverains ravis de ce spectacle, décidèrent d’élever cette charmante petite volaille, si docile.
Des différents troupeaux, émergèrent plus ou moins 3 variétés : des Mille-fleurs à pattes jaunes, des Cailles à pattes roses et des Perdrix à pattes ardoise.
Mais les amateurs de l’époque, préférèrent les sujets follement bariolés, rien que pour le plaisir des yeux.
Cette petite poule connut plusieurs noms : Poule du Batelier, Barbarie, Tiquetée

Elle était recherchée pour l’incubation des œufs de perdrix et de faisans ; le coq était fier et batailleur, et des combats de coqs nains furent organisés dans le Tournaisis.


La 1ère sélection est entreprise en 1913 par Léon Duquesne, instituteur à Bléharies: un Club spécialisé est constitué. La variété Caille est la 1ère à être sélectionnée et exposée.
Par la suite toutes ces petites volailles devinrent la propriété de R .du Manoir de Leuze, qui les vulgarisa et les fit admettre aux expositions sous la dénomination de « Mille fleurs du Tournaisis »  mais la guerre 14 – 18 anéantit ses projets, seules quelques poules survécurent.


Après la tourmente, il reprit son travail, et exposa pour la 1ère fois en 1923 à Pâturages.
On pense qu’un petit combattant du Nord de la France, aujourd’hui disparu, pourrait être à la base de la race. Mais certains éleveurs utilisèrent le Combattant Anglais nain, type ancien  pour le recréer. Ils ont peut être été vite en besogne, car certains sujets rappellent le type de l’O.E.G. (O= Old E= English et G = Games variété Spangled ) d’où le plumage primitif, qui était clair, est devenu plus foncé.
Un standard est élaboré en 1934, revu en 1957, en 1970 et en 1985. Seule la variété Bariolée fut conservée.
C’est pendant les années 1950 à 1960 que la qualité des sujets fut la meilleure.
Race originale, on l’appelle à présent « Naine du Tournaisis » ou tout simplement « La Tournaisis ».
Elle n’a jamais pris un grand essor, mais elle est élevée avec beaucoup d’amour, par les amateurs du Hainaut et dans le Namurois.


Aspect général: C’est une petite poule de taille un peu au-dessus de celle d’une volaille naine normale, au port majestueux, relevé, un peu élancé, la poitrine proéminente.
Son allure est vive et très alerte, la crête est simple, l’iris rouge orangé, les oreillons rouges, la queue portée obliquement, avec un beau panache chez le coq. Les tarses sont lisses, d’un blanc rosé avec 4 doigts.
Le plumage est lisse, tricolore, moucheté irrégulièrement bariolé, se composant de noir, de blanc, et d’acajou clair ou bai (chez le coq ) ou de cannelle claire chez la poule.

Caractéristiques : C’est une volaille très familière, rustique et bonne productrice d’ œufs blancs, arrondis, de 38 gr environ. Sa chair est très fine, elle peut être classée aussi bien parmi les petites races utilitaires que parmi les volailles d’agrément car ses couleurs vives plus ou moins bien réparties forment un ensemble bien attrayant. Elle peut couver assez facilement,  elle est une excellente mère.


Description du coq

Tronc:Majestueux, relevé à l’avant, fort, large, descendant vers l’arrière en devenant plus étroit.
Cou: moyennement développé, relevé et légèrement courbé.
Tête: très fine, normale.
Face: lisse, rouge vif.
Crête: simple, droite, de grandeur moyenne, régulièrement dentelée, généralement 5 dents, le lobe arrière s’écartant de la nuque, de texture fine, rouge vif.
Barbillons:  moyennement développés, bien arrondis, de texture fine, rouge vif.
Oreillons: peu développés, rouge vif.
Bec: fort, corne clair.
Yeux: grands, vifs, iris rouge orange.
Dos: de longueur moyenne, large, descendant vers la queue.
Poitrine: large, bien charnue, bien bombée.
Ailes: portées bien serrées au corps, un peu descendues sans être pendantes.
Queue: portée presque perpendiculairement avec la ligne du dos ; les grandes faucilles sont bien développées, mais moyennement courbées ; les petites faucilles sont bien courbées.
Pilons: forts, apparents, bien visibles.
Tarses:  de longueur moyenne, assez forts, lisses, blanc rosé.
Doigts: 4, le pouce dans l’axe du médian, de la couleur des tarses.
Ongles: légèrement corne clair.
Plumage: Serré au corps, duvet modérément développé.
Camail: Le camail est bien développé, sans être bombé.
Selle: Les lancettes de la selle sont bien développées.


Description de la poule
Mêmes caractéristiques que chez le coq, compte tenu des différences sexuelles, sauf :
Cou: le camail est moins développé que chez le coq.
Dos: formant une ligne un peu creuse avec la queue.
Queue: oblique, formant un angle obtus avec la ligne du dos, semi-ouverte.
Abdomen: bien développé sans être bas.
Crête: Réduite.
Barbillons: Peu développés.

Défauts : oreillons sablés – yeux trop clairs – trop bas sur pattes – crête irrégulièrement dentelée – ailes pendantes.
Disqualification: oreillons blancs – trop haut ou trop bas sur pattes – queue trop peu développée – queue portée trop haute ou trop basse – poitrine étriquée – tarses autres que blanc rosé – plumes du camail flammées de noir ou bordées de citron clair brillant, ces dernières sont rencontrées quelque fois chez la poule.
Bagues
coq : 14 mm, poule : 12 mm
Poids
coq adulte : 850 grs – poule adulte : 750 grs
coq jeune : 750 grs – poule jeune : 650 grs

œufs de 35 à 40 grs, presque blancs.


Variétés (1) Bariolé.

Bariolé: plumage composé des couleurs noire, blanche, acajou ou baie, disposées irrégulièrement, mais formant un ensemble harmonieux.
Le Coq :
Tête : d’un rouge brillant, quelquefois tacheté de noir et de blanc.
Camail : orange brillant se fondant en citron brillant vers le bas, les plumes autant que possible parsemées de taches noires et de paillettes blanches.
Dos : acajou clair, parsemé de taches noires et blanches.
Petites et moyennes couvertures de l’aile: acajou clair, parsemées de taches noires et blanches.
Grandes couvertures de l’aile : noires, lustrées de reflets vert métallique, parsemées de taches blanches et acajou clair.
Rémiges primaires : noires, blanches ou noires et blanches, quelque fois tachetées de bai.
Rémiges secondaires : noires ou noires et blanches du côté interne; de couleur baie ou blanche ou encore de couleur baie plus ou moins largement bordée de blanc du coté externe.
Lancettes de la selle : orange brillant, les plumes autant que possible parsemées de taches noires et de paillettes blanches.
Poitrine, cuisses et abdomen : de couleur noire, tachetée de blanc et d’acajou.
Couvertures de la queue : noires, tachetées de blanc et d’acajou.
Queue : faucilles et rectrices noires, lustrées de reflets vert métallique, ou blanches, ou noires irrégulièrement marquées de blanc.

La Poule :
Tête : de ton cannelle, quelquefois tachetée de noir et de blanc.
Camail : d’un ton allant du crème au cannelle, les plumes autant que possible parsemées de taches noires et blanches.
Dos, selle, couvertures de l’aile, rémiges secondaires et couvertures de la queue: « wheaten », teinte rappelant celle du blé mûrissant, allant du crème au cannelle, l’ensemble parsemé de taches blanches et noires, ou encore plus ou moins largement pointillé de noir et parsemé de taches blanches.
Rémiges primaires : noires ou noires et blanches, quelque fois tachetées de « wheaten ».
Poitrine, cuisses et abdomen : « wheaten », de nuance plus foncée vers l’abdomen, l’ensemble parsemé de taches blanches et noires.
Queue : rectrices noires, quelquefois marquées de brun foncé, et irrégulièrement marquées de blanc, la couleur des rectrices supérieures cependant se mariant souvent à celle des couvertures de la queue.
Les plumes peuvent être unicolores, bicolores ou tricolores, mais doivent composer un ensemble bariolé.
Modifications à l’occasion de la Journée des juges le 19/05/1990 :
La poitrine du coq doit être noire tâchée de blanc et parsemée irrégulièrement d’acajou.
La queue est bicolore ou tricolore dans l’ensemble.
Les rémiges primaires sont tolérées blanches et les secondaires forment un ensemble tricolore.
Les lancettes du camail et de la selle ne peuvent présenter de flammes noires.
La couleur de fond perdrix de la poule engendre sa disqualification. Le camail flammé (black-red) est un défaut très grave. La couleur de fond trop foncée (acajou), trop poivrée ou trop claire (beige) sont des défauts graves.
Dans les deux sexes, les reflets violacés sont des défauts très graves.
Les oreillons sablés chez le coq entraînent un défaut grave.

Commission Nationale des standards du 21/09/2001 :
Pour la couleur de fond de la Naine du Tournaisis (poule), nous parlerons à l’avenir de cannelle et plus de froment (wheaten) ou de crème.


Lexique:

Pâturages est une section de la commune belge de Colfontaine située en Région wallonne dans la province de Hainaut.