Naissance de la poule Gardoise.

Naissance de la poule Gardoise.

On connait tous le département du Gard dans la région Occitanie, j’y ai personnellement quelques souvenirs d’enfance au pied du Pont du Gard entre Uzès et Remoulins, ce pont à trois niveaux était autrefois destiné au passage d’un aqueduc romain.

Mais bon… je ne suis pas là pour vous raconter ma vie. J’ai appris il y a quelques années qu’il existait une race de volaille régionale « la poule Gardoise »

Ne connaissant pas cette race de volaille, j’ai posé quelques questions au secrétaire du Club Avicole Gardois.

Naissance de la poule Gardoise. 1


Pourquoi le chant du Coq n’est plus organisé à Fontanès depuis plusieurs années par le Club Avicole Gardois ?
Plusieurs circonstances comme l’indisponibilité du foyer de Fontanès pour cause de travaux, le Covid-19 et maintenant la grippe aviaire qui interdit les rassemblements de volailles et palmipèdes depuis deux ans. Mais cette année nous avons décidé une nouvelle formule, pour qu’un événement mettant en avant le vivant puisse avoir lieu et relancer la présence de notre association bien accueilli à Fontanès.


Quel type d’événement allez-vous organiser ?


Les rassemblements de volailles ne pouvant pas être organisés, nous avons fait le choix de mettre en avant un seul élevage (les marchés où un unique éleveur présente ses volailles sont autorisés).

Mais cet éleveur présentera une nouvelle race de volaille La Gardoise, une race créée par des membres de l’association depuis 2006 et présentée à Vergèze en février 2011. En effet, l’ancienne région Languedoc-Roussillon (comportant Gard, Hérault, Lozère, Aude et Pyrénées Orientales) est la seule région de France à ne pas avoir de race de volaille propre à son territoire. Il existe la volaille de Bresse en Bresse, l’Aquitaine en Aquitaine, la Gournay et la Crèvecœur en Normandie, l’Hergnies dans le Nord, la Marans en Charente-Maritime et ainsi de suite.

Dans le sud du pays, en races domestiques ovines, nous avons la Raiole, la Caussenarde, la Blanche du Massif Central, la Rouge du Massif Central, mais aucune race du terroir en basse-cour : ni en volailles, pigeons, lapins, canards… L’explication est que nous étions traditionnellement une terre viticole avec peu de céréales et de maïs. La création de ces races locales ou régionales, présentent dans les basse-cours, fut débutée dans notre hexagone durant de la 2ème moitié du XIXe siècle et le début du XXe, souvent par de riches propriétaires terriens, ou des nobles. Vu l’orientation de nos cultures cela ne s’est pas produit.

Pourquoi associer cette manifestation à la biodiversité?

Naissance de la poule Gardoise. 2

Élever des poules ou des animaux de ferme, élever des oiseaux de couleur ou de chant, cultiver son jardin, planter des arbres, respecter les sols agricoles, protéger la faune, la flore, c’est entretenir, le monde du vivant et participer au maintien et au développement de la biodiversité. Avec la déforestation, les changements climatiques, l’agriculture intensive ; la biodiversité est fragilisée.


En somme ; des actions pour prendre soin de la biodiversité ?
Oui, Jusqu’aux années 1990 nous parlions de protéger la nature, mais la nature c’est un terme plus large qui comprend aussi la géologie, les roches ou encore le climat, alors que la biodiversité comprend seulement le vivant sur notre terre, soit : les forêts, les végétaux, les océans, les animaux, les bactéries, les virus, les champignons… et les humains, qui se développent dans leur écosystème propre. La biomasse(1) des végétaux représente (en gigatonnes de CO2) 450, celle des bactéries 70, des champignons 12, des animaux 2, des virus 0,2 et chez les humains 0,06 ! Tout ce beau monde peut vivre en harmonie et en équilibre s’il n’est pas déstabilisé et avec intelligence nous pouvons nous servir de sa complémentarité comme nous présentera Rémi Balmassière dans son exposé « Du sol aux oiseaux, cultiver sans détruire » et Vincent Rigaud avec « Biodiversité, son bienfait dans le petit élevage » .

Pour terminer sur la volaille Gardoise, cette volaille est-elle reconnue ? A-t-elle un standard ?


En 2011, à l’exposition de Vergèze « Volaille et Nature » nous avons présenté cette volaille aux juges, en ayant établi un standard avec l’aide de Michel Capovilla, expert en volailles et résident dans l’Hérault, ceci pour enclencher la procédure de reconnaissance, cela n’a pas marché. La couleur noire dos cuivré, (Brassy back) de cette volaille obtenue par le gêne Ml n’étant pas reconnue dans l’Entente Européenne d’Aviculture, le dossier est passé en classement vertical. La couleur étant connue qu’en Amérique chez les combattants nains à cette époque. Depuis quelques années cette couleur est reconnue au niveau européen, le dos cuivré ou dos laiton est marqué surtout chez le coq. Ainsi, nous avons bon espoir qu’elle soit reconnue quand un nouveau dossier, et qu’une présentation en exposition avec des juges de la commission des standards sera effective. Un détail important pour cette volaille de type méditerranéen à deux fins, il faut qu’elle soit légère (2kg à 2,500kg pour les poules et 2,500kg à 3 kg pour les coqs) et ponde des œufs blancs, comme c’est le cas de toutes les races originaires du bassin de la méditerranée avec un poids autour de 60/65g. Attention, cette race n’a pas la vitesse de croissance, ni une ponte égale aux souches industrielles.


A n’en pas douter cette race du Gard a un avenir certain, il faudrait pour le bien, que la législation rentre dans les rangs et qu’il puisse exister un vaccin contre la grippe aviaire. Vaccin qui permettrait à nos amis du Gard de présenter leur volaille fétiche. Soyons confiant, on voix le bout du tunnel… Je vous recommande vivement d’aller à la rencontre de nos amis éleveurs de cette belle région du Gard.

Tout d’abord pour le contenu de cette journée festive du 10 Avril 2023, rendez-vous sur le site de la volaille Gardoise