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Le berger de Beauce

Le berger de Beauce

Il y a bien longtemps que je ne vous avais parlé de nos amis les chiens.

J’ai choisi vous présenter ici un toutou que j’affectionne particulièrement.

En l’occurrence il s’agit ici des photos qui représentent Urban Legend de l’Amouraudière, dont la propriétaire est Sandrine Fleury.

Merci pour sa collaboration photographique et littéraire.

Le berger de Beauce 1

Morphologie :

Le berger de Beauce est un chien de grande taille, solide, rustique, puissant, bien charpenté et musclé, sans lourdeur. Son poids va de 25 à 35 kg pour les femelles et de 35 à 45 kg pour les mâles.
Sa hauteur standard au garrot va de 65 à 70 cm pour les mâles, et de 61 à 68 cm pour les femelles.
À ce sujet, il est intéressant de remarquer qu’au début du XXe siècle, le gabarit de cette race était généralement inférieur à l’actuel.

Le berger de Beauce 2


Dans son ouvrage « Le Berger de Beauce« , A. Siraudin enregistre les gabarits (taille au garrot, poids, tour de poitrine) des spécimens les plus connus de son époque (années 1920) :
Le poids moyen d’une femelle était alors d’environ 25 kg, celui d’un mâle entre 35 et 40 kg.


La tête du Beauceron est bien ciselée, ses traits sont harmonieux. De profil, les lignes du crâne et du chanfrein sont sensiblement parallèles.

Le berger de Beauce 3

Le poil est ras sur la tête, fort, court, ferme et couché sur le corps (de trois à quatre centimètres de long).
La robe est soit de couleur noir et feu (comme le rottweiler ou le dobermann), soit arlequin (bleu bigarré marqué de fauve).

Jusqu’en 2004, les oreilles étaient traditionnellement taillées.
Mais cette pratique a été interdite en France par la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie depuis le 18 mai 2004.
Naturelles, les oreilles doivent être tombantes ou semi-dressées, mais jamais totalement dressées et fermes (défaut éliminatoire), et non plaquées.


La toute première évocation en France du chien de conduite sera faite en 1790 par le sieur Liger Louis (1658-1717) dans sa Nouvelle Maison Rustique

HISTOIRE du Beauceron

Comme la plupart des bergers européens continentaux, l’origine du Beauceron remonte au canis palustris (ou « chien des tourbières molosse »).


À l’origine destiné à protéger les troupeaux de moutons des loups, des chiens errants et des voleurs, le chien de berger s’est vu attribuer un rôle de chien de conduite, au Moyen Âge, via l’application du principe de vaine pâture.
L’ancêtre du Berger de Beauce a certainement assumé la double fonction de protection et de conduite des troupeaux.

Explication de vaine pâture: Au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime la vaine pâture est un droit d’usage qui permet de faire paître gratuitement son bétail en dehors de ses terres, dans les bords des chemins.


Lors de la première exposition canine française qui eut lieu en 1863, sur les 16 chiens de berger présentés, 13 d’entre eux montrent un type lupoïde et une robe noir et feu.
Il s’agit certainement de la première apparition officielle des ancêtres du berger de Beauce.

Le berger de Beauce 4

L’adjectif lupoïde désigne les chiens et, plus généralement, les canidés dont les caractéristiques anatomiques évoquent celles du loup, caractérisées par une tête en forme de pyramide horizontale avec le museau allongé et étroit, des lèvres fines et bien collées, un stop léger, un corps bien proportionné et athlétique.

En 1893, le vétérinaire Pierre Mégnin, à l’origine de l’appellation « berger de Beauce », publie les caractéristiques du chien.
Il le différencie de son cousin à poil long, le berger de Brie. La même année, le premier sujet est inscrit au Livre des origines français (L.O.F)

En 1911, à l’initiative de l’éleveur Léon Siraudin, est créé le Club des amis du beauceron, club officiel de la race.

Le standard est alors revu pour homogénéiser la taille et supprimer les couleurs devenues rares car les exigences en matière de robe ont évolué dans le sens de l’unification des sujets.
Dans ce standard, pas moins de six « couleurs » étaient encore mentionnées (« noir, noir et feu, fauve, fauve charbonné, gris, gris avec taches noires »),
reprenant les six considérées comme les plus estimées dans les statuts du Club du chien de berger français (1896).

La quasi-disparition progressive du pastoralisme dans les plaines françaises (première moitié du XXe siècle) oblige le berger de Beauce à se reconvertir.

Comme certains de ses cousins, il réussit brillamment ce pari. Dans les disciplines de défense tout d’abord, mais surtout dans un double rôle qu’il remplit à merveille : chien de garde et chien de compagnie. Cependant, il est encore utilisé pour la conduite de troupeaux d’ovins mais aussi de plus en plus sur les bovins et plus rarement, sur les porcs.

Une particularité chez le Beauceron; Le double ergot ou « griffe de St Hubert » est un vestige présent chez certaines races de chiens porteuses d’un doigt et griffe supplémentaire sur la face interne des membres postérieurs donnant l’impression que le chien a six doigts. (il n’y a pas d’appui sur ce doigt supplémentaire).

S’il reste relativement discret en dehors de l’Hexagone, il est en hausse en Europe et aux États-Unis.
En France, les naissances sont stables depuis les années 1970 avec 3 000 à 4 000 chiots par an. Heureusement, il n’a pas subi les conséquences des modes passagères et ses maîtres lui restent fidèles ;
comme disent les propriétaires de Beauceron, « Beauceron un jour, Beauceron toujours ! ».

Pour plus d’informations vous pouvez consulter le site internet les Amis du Beauceron

Crédit photos: Sandrine Fleury, élevage des Petites sorcières.

Sources; Le Berger de Beauce de René Sauvignac Editions de Vecchi et le site internet https://www.amisdubeauceron.org/