Le faisan de Lady Amherst

Le faisan de Lady Amherst, explications de Robert Muller

Revenons au faisan de Lady Amherst (Chrysolophus amherstiae), que Robert élève depuis une trentaine d’années, et ainsi qu’à l’origine de ce faisan.

Vous trouverez ci-dessous les conseils avisés de Robert Muller et des informations très utiles.
Mais avant de parler de l’élevage des faisans, Robert me fait une remarque importante.
« Lorsque j’ai acquis mon premier faisan, je faisais déjà parti d’une société avicole avec mes lapins et poules, et je participais à diverses expositions. Nous avons appris à connaitre les races, les standards et à sélectionner.
J’ai assisté à des réunions, des conférences avec des éleveurs expérimentés, des spécialistes, des juges et des vétérinaires.
Donc en résumé : J’ai appris.
Mon premier faisan était un faisan doré (Chrysolophus pictus) et celui-ci est passé dès sa première exposition, devant un “juge volaille”.
Puis par la suite, j’ai visité beaucoup d’expositions “d’ornements” avec pour chaque spécimen sa carte de jugement mentionnant toutes les remarques nécessaires.
Je me suis déplacé dans les expositions les plus importantes, en Belgique, mais surtout en Allemagne.
J’ai visité beaucoup d’élevages privés, j’ai eu de fréquents contacts avec des éleveurs chevronnés, certains sont même devenus des amis.
Je me suis beaucoup documenté, et ma bibliothèque au sujet de ces animaux est bien remplie.
Pourquoi ces remarques: simplement pour démontrer que même pour les faisans il faut sans cesse sélectionner. »cliquez pour agrandir l'image


 

Revenons au faisan de Lady Amherst (Chrysolophus amherstiae), que Robert élève depuis une trentaine d’années, et ainsi qu’à l’origine de ce faisan.

Un peu d’histoire
William Pitt Amherst 1er comte Amherst (14 janvier 1773- mort le 13 mars 1857) est envoyé comme ambassadeur extraordinaire à la cour de Chine afin d’établir des relations commerciales entre ce pays et le Royaume-Uni. Il se voit offrir par Sir Alexander Campbell (1842–1908) des coqs faisans qui sont expédiés à Londres en 1928. En 1930 douze spécimens arrivent au parc de Clères en Normandie, ce parc appartenant à Jean Delacour » dont je reparlerai dans un autre article… »

Depuis cette époque , on retrouve de nombreux oiseaux croisés avec le faisan doré (Chrysolophus pictus), et d’après Robert Muller il n’existerait plus de sujet de race pure en captivité.

L’élevage en volière: « Pour un couple, une volière de 10 à 18m² et 2m de haut est souhaitée, et elle peut être plantée de thuyas, lauriers, et autres bambous…

Le faisan Lady de Amherst est polygame, et selon la grandeur de la volière on peut mettre un mâle avec 2 ou même 3 femelles, pourvu que celle-ci soit suffisamment plantée. « Plusieurs femelles…cela présente des avantages mais aussi certains inconvénients.

Avantages: il vaut toujours mieux garder une femelle supplémentaire « au cas où… » en période de reproduction le mâle ne poursuit pas toujours la même femelle, si une des poules couve le coq la laisse plutôt tranquille en s’occupant de l’autre.

Inconvénients: S’il y a un mangeur d’œufs dans le groupe, il est plus difficile de savoir lequel. Si une poule couve, l’autre a souvent tendance à pondre et de rajouter des œufs dans le même nid, ce qui va donner un résultat négatif. S’il y a des sélections à faire, on ne saura jamais quelle est la mère. Il arrive aussi que le coq ne féconde qu’une seule poule ou même aucune (mais c’est plus rare) »

 


Le faisan de Lady Amherst 1

Le régime alimentaire:  pour les sujets adultes La nourriture de base : un mélange 50 % blé et 50 % granulé faisans (Versele-Laga , SHOW 3 FORME ) De temps en temps en complément, on peut donner aux faisans de Lady Amherst du blé germé ainsi que du mélange tourterelles, la verdure est aussi appréciée et cela suivant la saison : herbe, pissenlit, orties, salade, etc…. nos Ladys aiment aussi les groseilles, mirabelles, le raisin, les tomates … pommes et carottes toute l’année, sans oublier les friandises : raisin secs, miettes de gâteau sec, vers de farine, flocons d’avoine, coquilles d’huîtres. »


Elevage des jeunes Lady

L’élevage des jeunes Lady est le même que celui de tous les faisans, à quelques exceptions près.

“Pour ceux qui naissent en couveuse: Les premières 24 heures, le poussin ne doit ni manger ni boire. Après l’éclosion, je le laisse en couveuse entre 12 heures et 24 heures, puis je le mets en éleveuse, soit avec résistance chauffante, soit sous ampoule chauffante. A savoir que les premiers 8 jours il lui faut une température de 34° que je diminue de 2° toutes les semaines. A partir du deuxième jour, je donne de la semoule élevage Show 1 (Versele Laga) et de l’eau que je change tous les jours, parfois 2 fois par jour selon éleveuse. Selon la grandeur de l’éleveuse, si au départ on peut mettre un certain nombre de jeunes, il faudra penser que les oiseaux vont grandir et que la place va manquer… “Le faisan de Lady Amherst 2

« Après 8 à 10 jours, il ne faut pas ajouter d’autres poussins, car les plus âgés vont déranger les petits nouveaux, (ce qu’à première vue nous pouvons considérer comme un jeu), et de ce fait les empêcher de manger à leur faim, et ainsi vont finir par mourir. Pour éviter les bagarres, il ne faut pas mélanger plusieurs espèces. Bien sûr, ce n’est qu’un conseil, et je reconnais que cela n’est pas toujours facile à appliquer lorsque l’on élève beaucoup d’espèces et que l’on manque de place. A partir de 2 semaines, je commence à donner un peu de verdure coupée finement, du pissenlit ou de la ciboulette. A partir de 6 à 8 semaines, je mélange la semoule Show 1 avec des granulés Show 2. Puis au bout d’un certain temps des granulés seuls. Selon la place et le nombre, je les mets dans une petite volière intérieure. Le jour où il faut les baguer, je les mets en volière extérieure, avec toujours encore du show 2 que je commence à mélanger avec du blé et un peu de Show 3. De plus en plus de verdure, des fruits divers. Au bout de 5 à 6 mois, la nourriture de base comme pour tous les adultes, sera le mélange Show 3/blé/flocon d’avoine/coquilles d’ huîtres. »

Conseils au sujet des maladies: « Ce que je sais au sujet des maladies des faisans est écrit dans les livres, et n’est pas toujours facile à appliquer. Peu de vétérinaires maîtrisent les différentes maladies des faisans. Je lis que les principales maladies des faisans sont la coccidiose et l’ histomonose Mais comment les diagnostiquer ? »

Pour éviter les maladies, je pense que mieux vaut prévenir que guérir, et pour cela voici quelques conseils que j’applique moi-même.Le faisan de Lady Amherst 3

« Une nourriture variée, de l’eau propre, le nettoyage des mangeoires et abreuvoirs, nettoyage des volières. Une observations de tous les jours. Vermifuge au printemps et en automne. J’évite aussi le croisement de sujets consanguins Lorsque j’introduis un nouvel oiseau, je le mets quelques jours à l’écart afin de l’observer. Mais ce n’est pas pour autant que je n’ai jamais d’oiseau malade. Bien sûr, j’ai des médicaments anticoccidiens et anti infectieux, et même des antibiotiques. »

Les problèmes les plus fréquents sont: Mortalité chez les poussins sans raison apparente, mortalité par picage, mortalité par accident.

Pour le bien des faisans et l’assurance d’une bonne reproduction, il est conseillé de vermifuger au printemps et en automne, pour les produits existants rapprochez-vous de votre vétérinaire ou prenez conseil auprès de Robert Muller.


Pour résumer le faisan de Lady Amherst est un faisan rustique, il supporte bien notre climat tempéré et il est relativement facile à élever…mais rien n’est gagné d’avance et à mon avis si vous suivez les conseils de mon ami Robert Muller, vous devriez élever ce faisan assez facilement.

J’adresse ici tous mes remerciements à Robert MULLER pour sa précieuse participation à la rédaction de cet article ainsi qu’à l’apport des photos de son élevage personnel.

J’espère que tous les conseils de Robert serviront aux éleveurs amateurs qu’ils soient débutants ou initiés.

Didier Macrez.

Contacter Robert Muller: robmul@hotmail.fr

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